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Eclipse c'est aussi UGUM, une émission de radio 100% progressive. Tous les jeudis de 21h à 23h sur O2 radio
(91.3 FM dans un rayon de 30 km autour de Bordeaux ou en direct par internet sur www.o2radio.fr.fm)

Chapitre 1 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Introduction

La musique est un langage universel compris par tous. Que l’on soit de n’importe quel continent, la musique est présente.

A l’orée des seventies, une nouvelle vague musicale est apparue. Jusque là, le rock ‘n roll était à ses plus grandes heures de gloire, des groupes tels que King Crimson, Genesis, Pink Floyd, Yes, Van Der Graaf Generator, Emerson, Lake & Palmer ou encore Jethro Tull ont développé une musique très élaborée, couramment appelée rock progressif. S’inspirant du symphonisme du classique mélangé à l’apport de la technologie du moment , ils ont véhiculé une émotion qui a subjugué de nombreuses personnes. Avec l’arrivée de nombreuses vagues musicales telles que le punk ou encore le disco, la musique progressive s’est faite oublier jusqu’à l’avènement d’un groupe du nom de Marillion. Tel le Phoenix, le rock progressif renaquit de ses cendres pour notre plus grande joie. Grâce à des groupes comme celui-ci, l’envie de promouvoir cette musique de qualité et sous l’impulsion de nombreux gens que fut fondée à Bordeaux une association à but non lucratif sous le nom d’Ugum Spectacle (novembre 1986). Depuis cette association (sous différents noms, successivement Highland Concert, Prog 33 et actuellement Eclipse) continue à promouvoir cette musique.

Il était une fois le rock progressif à Bordeaux...

Chapitre 2 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

La Genèse

C’est en novembre 1986 sous l’impulsion d’un homme du nom de George Pinilla que fut créé Ugum Spectacle. Le premier concert fut donné par le jeune groupe Bordelais, Minimum Vital. Ce groupe des jumeaux Payssan propose une musique aux influences diverses passant par le jazz, le rock et même le classique. Un premier pas était fait pour la résurrection du rock progressif.

Les dés étaient jetés. Le rock progressif continuait son essor et par là même, il fallait organiser à nouveau des concerts. C’est pour cela que s'instaura l’idée de créer un festival de musique progressive. Le résultat tomba en octobre 1988. Le spectacle regroupait trois groupes français (Minimum Vital, Halloween, Ange). On ne présente déjà plus les Bordelais du groupe Minimum Vital. Quant à lui, le groupe Halloween nous offre une musique aux grandes envolées de violon dans un style assez classisant dans des thèmes inquiétants rappelant des groupes comme King Crimson. Enfin, le troisième groupe et tête d’affiche du festival ne se présente plus. Le groupe Ange a connu son apogée dans les seventies avec une musique des plus symphoniques accompagnée des textes imagés de son chanteur charismatique, Christian Décamps. Un subtile mélange de classique, de rock et de chansons françaises.

L’envie toujours plus grande de promouvoir une musique de qualité continua son bout de chemin pour créer des spectacles de qualité. C’est en octobre 1991 que l’association peut à nouveau lancer à Bordeaux un nouveau groupe. C’est au tour de Now, un jeune groupe belge de venir faire ses gammes à Bordeaux. Now récupère à travers sa musique des influences Yes agrémentées de soli guitare rappelant Led Zeppelin. Un nouveau groupe, un nouveau spectacle, un nouveau concert et toujours les mêmes personnes à l’origine. La musique véhicule un message, une émotion compris d’une manière différente par chacun de nous, mais reste un moyen essentiel à la communication.

Chapitre 3 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Neo Prog : Une Nouvelle Ere

Le rock progressif connaît en ses nineties une nouvelle ère. Le néo progressif en plein essor, il était temps de faire venir une des têtes d’affiche de cette mouvance. C’est en 1992(le 04 avril), que les anglais du groupe Pendragon viennent fouler la scène bordelaise. Leur musique mélange des influences classisantes par les claviers de Clive Nolan, des influences Pink Floyd par le jeu de guitare de son leader Nick Barrett et des influences plus rock.

La fin de l’année 1992 est marquée par la venue d’un grand groupe progressif de scène anglaise des seventies, le groupe Camel. Leur musique oscille dans des antres musicales les plus diverses. D’une mélodicité et d’une beauté touchante, leur musique est appuyée par le jeu de flûte de leur leader Andy Latimer.


En 1993 c’est le tour de Galadriel de se produire à Bordeaux. Ce groupe espagnol oscillant entre le symphonisme et la musique folk offre une musique à la fois mélodique et complexe avec un petit côté dramatique. De plus, le chant assez haut perché rappellerait le chanteur de Yes, Jon Anderson.

La vague néo progressive offrant une véritable déferlante, l’année 1994 marquera le retour de Pendragon à Bordeaux (le 23 avril 1994).

Et pour couronner la fin de cette année 1994, un des groupes phares anglais de la vague néo progressive se déplaça aussi à Bordeaux. IQ propose une musique tirant ses inspirations de Genesis avec un chant de Peter Nichols évoquant leur premier chanteur Peter Gabriel. Leur musique allie les idées des seventies avec la technologie actuelle et le son actuel. Le mariage consommé est succulent.

Chapitre 4 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

La Maturité

En l’an de grâce 1995, le printemps annonçait de beaux présages progressifs. En effet en ce 25 mars 1995, ce n’est pas un mais deux groupes qui vinrent fouler nos terres bordelaises, Caféine et Violet District. Caféine nous donne naissance à une musique teintée de médiéval et de classique avec de très beaux textes dignes des plus grands de la chanson française (avec de fortes influences Ange). Quant au deuxième groupe (groupe allemand), Violet District amène une musique proche de Marillion avec des envolées à la Pink Floyd et un côté plus abrupt à la Saga. Double concert et double plaisir !

Par la suite, la tournée d’adieu du groupe Ange s’arrêta à Bordeaux en ce 19 mai 1995 pour notre joie extrême. Leur musique n’ayant pas pris une ride, le spectacle proposé fut d’une très grande beauté. On s’en souvient encore !!!

Enfin l’année 1995 se termine par la venue du groupe suisse du nom de Clepsydra. Un dernier concert progressif pour cette année où ce groupe d’appartenance à la mouvance néo progressive nous produisit un spectacle intimiste où tous les instruments se répondaient dans de belles harmonies et on se laissait bercer par la voix du chanteur, évoquant ce cher regretté Freddy Mercury. Leur musique quant à elle reste très proche de Marillion. La musique nous permet d’exister, nous permet de nous évader et sans elle peut être que la vie ne serait que morosité.

Chapitre 5 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Prog'Aid

En 1996, après déjà dix ans d’existence, l’association avec l’aide de nombreux musiciens bordelais, lance l’idée d’un Prog’ Aid. Le projet aboutit en juin 1996 avec l’apport d’une vingtaine de musiciens. De ce Prog’Aid, on en retire toute l’émotion des grands groupes d’antan, tels que Ange, Pink Floyd, Genesis, Marillion, King Crimson. Même si les groupes cités en référence n’étaient pas présents, leur musique elle l’était et nous transporta tout au long de la nuit....

L’année 1996 s’achève avec la venue du groupe anglais Arena. Composé du clavier de Pendragon, du bassiste d’IQ et de l’ancien batteur de Marillion, ce groupe propose une musique aux frontières de tous les genres musicaux actuels : à la fois rock, pop et progressif (on ressent beaucoup d’influences Marillion), leur musique est un excellent compromis pour tous. Une grande prestation et on en redemande !

Chapitre 6 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Prog Around The World

Jamais de mémoire, je ne me rappelle la venue d’un groupe japonais à Bordeaux jusqu’à ce qu’Eclipse fasse venir le groupe Ars Nova en janvier 1997. Ce trio féminin composé de basse/batterie/clavier nous offre une musique digne des très grands Emerson, Lake & Palmer. On ressent beaucoup d’influences classiques qui ne déplaît guère par ailleurs.

L’année 1997 égraina ses jours un à un jusqu’à l’automne où les groupes reviennent en force. En septembre 1997, c’est au tour du groupe suédois Galleon de venir exercer ses talents à Bordeaux. Une musique très agréable aux influences néo progressives à la Pendragon teintées par moment de Genesis avec un côté très pop rock des plus agréables.

Et comme un groupe suédois ne suffisait pas, on remet le couvert et c’est au tour du groupe The Flower Kings de venir à Bordeaux. Une musique des plus complexes, se promenant à mi chemin entre le rock et le jazz avec des incursions chez Yes, Zappa et autres musiciens. Leur musique allie à la fois la mélodicité et la complexité. Encore du grand art !

Enfin, l’année 1997 se termine par un double concert en novembre 1997. On retrouve tout d’abord le groupe bordelais Stormbringer proposant une musique très énergique dans la lignée du rock sudiste. Une musique de qualité et un grand professionnalisme pour ces trois jeunes bordelais. Puis vint le tour du groupe allemand Solar Project qui nous exposa ses états d’âme musicaux. Une musique hautement cérébrale aux fortes influences Roger Waters nous invita à un grand voyage. On en redemande encore !

Chapitre 7 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

La Déferlante

Et l’histoire ne s’arrête pas en si bon chemin. L’année 1998 s'annonçait des plus prolifique. Le progressif “coulait à flot”, alors on redémarre doucement mais sûrement avec le 06 février 1998, un double concert bordelais XII Alfonso & Minimum Vital. Le deuxième groupe ne se présente plus tant les concerts ont été nombreux, alors attardons nous plutôt sur le premier. XII Alfonso, le groupe des frères Claerhout nous proposa une délice musical aux ambiances Oldfieldiennes très prononcées mais toujours aussi douces et belles. Le chant féminin d’une très grande maîtrise, un clavier digne des grands, un batteur aux intonations Collins, un guitariste d’une très grande dextérité, bref tout y était pour nous offrir un délice musical et se fut le cas pour XII Alfonso

Lors de sa venue fin 1995, Clepsydra avait offert un concert plein d’émotion, mais encore largement emprunt d’une retenue propre aux formations peu expérimentées. Presque deux ans et demi plus tard, et peu de temps après la sortie du remarquable “ Fears ”, leur troisième album, nos helvètes italophones reviennent, et nous étalent aujourd’hui un savoir-faire et une maturité qui laisse augurer un avenir doré pour cette formation, en ce 07 mars 1998. Ce qui a changé ? Bien sûr Aluisio Maggini retient de moins en moins sa formidable voix pour mieux accentuer l’emphase lyrique qui caractérise le groupe. Bien sûr Philip Hubert libère désormais ses claviers de toute chaîne pour nous livrer de très réjouissantes descentes de moog. Bien sûr Andy Thommen et Pietro Duca rythment les mélodies très efficacement, avec une cohésion que l’on remarquait déjà nettement sur “ Fears ” (on peut toutefois regretter que Duca n’utilise pas une batterie acoustique, qui donnerait plus d’ampleur et d’authenticité au son par ailleurs très beau du groupe). Mais surtout, surtout il y a le merveilleux Marco Cerrulli. Non content de donner une touche émotionnelle sur les nouvelles compositions par l’apport d’une stratocaster limpide et par d’imparables soli tout en nuance, il transcende véritablement les anciennes compositions avec une fougue et un talent qui forcent le respect. Vraiment, un souvenir inoubliable !!

Chapitre 8 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Retour Aux Sources

Le 03 avril 1998 annonçait la résurrection du rock progressif des seventies au goût des nineties. La venue du groupe IQ pour une nouvelle fois à Bordeaux annonçait plus que le retour d’un groupe de néo progressif. Pour ceux qui n’ont pu jamais voir le show de Genesis avec The Lamb lies down on Brodway, IQ avec son double concept album offrit un show de cette qualité. Tout en retraçant les tensions, les mouvements, les cassures et les méandres d’une musique d’une grande teneur, tout en affichant cette vision chaotique par des jeux de lumière, des séquences vidéo sur grand écran, des images psychédéliques, le public tout entier fut subjugué par un telle prouesse. Et les rappels ne furent que la cerise sur le gâteau et la salle en explosa par tant de ferveur. Les murs du Théâtre Barbey en tremblent encore !

Avant de rentrer dans le vif du sujet, Ionel, le chanteur-guitariste du groupe Stormbringer qui avait déjà donné un avant-goût de son talent avec son groupe lors du concert de Solar Project en novembre 1997, montra une autre facette, cette fois-ci acoustique et loin d'être déplaisante. Une musique très blues, mais ma foi très intéressante avec un final sur une reprise de Kansas " Dust in the wind " des plus prenantes. Puis vint, le moment tant attendu, on perçut des bruits de clochettes dans une obscurité totale, une anxiété monta en même temps que la musique, et enfin la guitare de Steve Wilson se réveilla et tira la salle de sa torpeur, pour ce départ sans excès, telle une invitation à une soirée mémorable. Une voix, un son, un grand groupe était au rendez-vous, ce soir-là au Thélonious. Et on s'enfonce dans un abîme de bruitages qui nous laisse sans voix, les percussions montent progressivement accompagnant cette atmosphère chaotique, et on déterre le grand Pink Floyd des débuts, à la seule exception que Nick Mason est remplacé par Pierre Moerlen. Original ? non, plus que ça, fantastique ! ! ! On retrouve toutes les ambiances et le plaisir qu’un concert de Pink Floyd nous procure, l’originalité était au rendez-vous ainsi que la qualité.

Chapitre 9 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Na Zdrowie !!!

Une coupe du monde allait débuter en France en ce mois de juin 1998 alors pour rendre hommage à une compétition qui annoncerait le sacre de la France un mois plus tard, la venue du groupe polonais Quidam se voulait obligatoire. Et c’est le 05 juin 1998 que la rencontre Bordeaux-Quidam s’effectua. On pensait qu’avec le concert précédent, notre plaisir ne pouvait être aussi grand. Quelle grande erreur de penser cela. Dès les premières notes et les premières vocalises d’Emilja, le feu se déclara dans un public envoûté. Certes la musique ne respire pas la complexité, mais l’émotion est décuplée et le charme nous transporte tout au long d’une soirée mémorable. La musique coule toute seule, les morceaux s’enchaînent les uns après les autres tel un flot continu de plaisir. Le sommet du concert arrive avec Santuarium où ce mélange Quidam/Genesis fait littéralement chavirer un bateau bordelais déjà acquis à la cause polonaise. Enfin, un concert et un grand !!!

Chapitre 10 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Prog Under The Sun !!!

L’été propulse toute une population vers les plages ou les stations balnéaires, alors Eclipse se lance dans le pari d’organiser un concert vers des villes qui sont plus réceptives et c’est le cas de Royan. Grâce à l’appui logistique d’une nouvelle association sur la région de Royan portant le doux nom de Crescendo qui se lance sur les chemins battus pour promouvoir le rock progressif, le concert de Finisterre (Italie) pouvait prendre place en ce 18 Juillet 1998.

Déjà, le lieu de la Salle des spectacles offre un cadre superbe. Après deux show acoustiques dans l’après-midi, l’eau à la bouche nous venait, vivement le soir pour pouvoir profiter de ces quatre grands musiciens. Et là, surprise une population hétéroclite “se massa” pour assister à ce spectacle. De 7 à 77 ans, les gens vinrent jeter une oreille curieuse. Et quand la musique commença, plus personne ne pouvait être déçu. Le récital offrit une grande technique et un grand panel musical où chacun des musiciens prouva toutes ses qualités et toute sa maîtrise dans son instrument. Du vrai rock progressif où la musique est mise en avant et prouve qu’il y a encore des gens qui aiment la musique et ne se contentent pas de se trémousser sur scène pour ramasser de l’argent. Au moins, il y a encore des musiciens “honnêtes”. Vraiment se furent deux heures de pur bonheur. La collaboration Eclipse - Crescendo pour l’organisation fut très satisfaisante et les membres très satisfaits du concert !!!

Chapitre 11 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Nostalgie, Le Retour...

Le temps de la nostalgie reprend son droit et le 24 octobre 1998, un vieux de la vieille vient arpenter les planches bordelaises. Rappelez-vous de Family, King Crimson, Uriah Heep, Asia. Un point commun, John Wetton. Et cet homme redonna vie à tout un répertoire de rêves musicaux enfouis au plus profond de nos cœurs. Un subtil mélange d’anciennes compositions de tous ces groupes avec des compositions personnelles de son propre cru ont fait du Thélonious un lieu magique. Une soirée qu’il ne fallait manquer sous aucun prétexte…

Pour conclure la saison 1998, le groupe italien, Nightwatch vint s’essayer au climat de notre cher Sud-Ouest. Le 04 décembre 1998, le Thélonious vit la rencontre de deux grands dinosaures de la scène progressive des années 70. Ce groupe prend force dans la cohabitation d’un chanteur charismatique et théâtral à la Peter Gabriel et d’un guitariste introverti à la Robert Fripp. Bilan des hostilités : un savant cocktail de Genesis période Peter Gabriel, de passages instrumentaux proches du grand King Crimson et des envolées plus actuelles à la Marillion période Fish. Rien que cela pour vous mettre l’eau à la bouche.

Chapitre 12 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Le Prog Venu Du Froid

Après un premier essai concluant avec le groupe Finisterre, l’association Eclipse/Crescendo reprend du poil de la bête pour un nouveau concert le 11 avril 1999. Le groupe choisi n’est autre que les suédois de The Flower Kings. Devant un foule en délire, le groupe a pu démontrer toute la maîtrise de son talent dans la promotion du nouvel album de l’époque, le mythique Stardust we are. un réel voyage musical où les notes pleuvent de tout côté sans jamais nous laisser de repos. Deux heures de concert où l’on a pu apprécier les longs épiques du groupe dans les deux concepts albums du moment : Stardust we are et Flower power. Jouer un morceau de 50 minutes, il fallait oser et ils l’ont fait…

Un calme plus relatif vient se produire à Bordeaux avec la venue conjuguée de Quidam (Pologne) et de Colin Bass (UK). Les polonais de Quidam ne se présentent plus puisqu' ils ont eu la chance de se produire déjà dans notre belle ville de Bordeaux. Mais parlons plutôt de Colin Bass. Comme tout le monde le sait, derrière ce nom se cache en fait le bassiste du groupe Camel. Epaulé par les musiciens du groupe Abraxas et Quidam, Colin Bass a perpétué la tradition distillée par le groupe Camel depuis les années soixante-dix en y incorporant une touche plus délicate, encore plus british. Mais pour nous rappeler à nos bons souvenirs, il a su également interpréter quelques grands morceaux de Camel qui n’ont fait que ravir un public déjà conquis.

Chapitre 13 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Les Feuilles Mortes Se Ramassent a la Pelle

L’automne 1999 arrive avec la venue des américains de Spock’s Beard. Un des groupes phares de la nouvelle vague progressive. Emmené par le charismatique Neal Morse, ce groupe navigue dans des eaux troubles allant de Gentle Giant à Kansas en passant par le rock californien, s’arrêtant chez Yes pour revenir dans un style très propre à eux, relevé par un batteur ayant joué chez Tears For Fears, Genesis et Peter Gabriel et un clavier fantasque et supra doué, le Spock’s Beard est passé comme une lettre à la poste sans jamais nous lasser. Ce 24 septembre 1999 ne s’oubliera pas de si tôt.

Pour clôturer la saison 1999, les Mérignacais de XII Alfonso reviennent une nouvelle fois pour présenter de nouveaux travaux encore à l’état d’ébauche. Un concert néanmoins cohérent où l’on a pu toujours ressentir cette fascination pour Mike Oldfield et vu que le groupe ne voulait pas en rester là en se lançant dans des projets assez ambitieux. Une soirée agréable que fut ce 10 décembre 1999.

Chapitre 14 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Vive La France !!!

L’année 2000 repart de plus belle avec un triple concert qui au départ devait se composer de Priam – Laurent Fougerat – Nebelnest, mais après la défection au dernier moment de Laurent Fougerat, il fut remplacé par le groupe de Sarlat, Ram Dam. Ce 29 janvier 2000 fut sous le signe hétéroclite musical avec trois formations françaises défendant des propos tout à fait opposés mais pourtant d’une grande richesse. Ram Dam développa une musique tout emplie de funk et de blues rock, Priam délecta le public de son jazz rock et déclina sur l’expérimentation et l’improvisation alors que Nebelnest sonna le glas d’une musique torturée, froide, violente empruntée à King Crimson. Dommage que l’audience ne fut pas plus importante pour souligner tant de qualité.

Le 26 février 2000, c’est autour de Vital Duo de fouler la scène du Thélonious. Les têtes pensantes de Minimum Vital, nous ouvrent. les portes de leur jardin secret. Une musique médiéviale teintée d’électricité déteignant dans le milieu actuel. Original et sincère, cette musique entraînante et datée vous berce l’oreille et vous entraîne au delà de vos préjugés. Plus le concert avance et plus l’audience se laisse emprisonner dans cette prison musicale dorée pour finir par être totalement subjuguée. Ce voyage là n’était pas à rater et dommage pour ceux qui sont restés à quai. Une superbe réussite.

Chapitre 15 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Un Ange Passe (Festival 2000)

Le week-end de Pentecôte annonce l’arrivée du deuxième festival organisé par Eclipse en collaboration avec une association locale du nom de Triangle. Cet événement se déroula en lieu et place les 10 & 11 juin 2000 au Centre Culturel de Sarlat (Dordogne). 6 groupes et 4 nationalités différentes allaient fouler les terres du Périgord Noir. Les Français de Xang, les Polonais d’Abraxas, les Anglais d’Arena, les Italiens de The Watch, les Hongrois d’After Crying et les Français d’Ange. Pour l’ouverture du festival la parole est donnée au groupe instrumental français Xang. Leur musique tout en mouvement introduisit, dans un premier temps, tout en douceur le festival dans une musique assez atmosphérique avant de se lâcher en mêlant jazz rock et rock plus musclé. Une entrée en matière fort à propos. Vint ensuite la révélation de la soirée en personne du groupe Abraxas. Le public resta en admiration devant ce groupe plein d’envie et communicatif. Certes les clichés néo progresifs ne sont pas oubliés mais la sincérité d’un tel groupe vous prend aux tripes. La musique se voulait tantôt néo progressive, tantôt gothique mais toujours émouvante. Le groupe qui marqua de son empreinte la soirée et dur de passer après cela. La tête d’affiche du premier soir était laissée aux Anglais d’Arena, le groupe de l’ancien batteur du groupe Marillion. Sarlat était le ponit de départ de la nouvelle formation. En effet toujours présent le vieux compère Clive Nolan (Pendragon) aux claviers mais la sortie de Immortal amenait un nouveau chanteur et un nouveau bassiste car le guitariste même si récent était déjà sur la tournée de The Visitor. Une musique efficace, mais peut-être un peu datée, toujours sur les traces du Marillion période Fish mais finalement la nouvelle formation n’était peut-être pas assez rodée. Le show fut certes réussi mais manqua de personnalité. La deuxième soirée s’annonça plus intéressante avec les Italiens de The Watch qui avait déjà posé leur valise un soir à Bordeaux pour un show mémorable. Le constat de leur musique pour ce soir là montra l’éloignement du côté King Crimson pour s’évertuer à rendre hommage au grand Genesis période Peter Gabriel. Et là, rien à redire… Une musique superbe, un chant digne de Peter Gabriel/Fish, un come back temporel très saisissant. La deuxième soirée connut également une révélation, les Hongrois d’After Crying. Leur musique pourtant fort complexe défoula une liesse générale dans le publique. Ce mélange de rock, de musique classique, de rock progressif à la King Crimson/ELP déboula tel un ovni dans le centre Culturel et scotcha toute l’audience. Une déferlante progressive qui mit le feu à la salle avant la venue du mythique Ange, nouvelle ère. Christian Décamps épaulé par son fils Tristan et de nouveaux musiciens ouvrit les portes d’une musique plus actuelle mais laissant toujours une place importante au charismatique Christian Décamps. Son fils, de plus, amène une touche plus originale avec des claviers beaucoup plus présents et des vocalises très originales… Un Ange est passé à Sarlat et un événement d’une grande qualité. Eclipse, après Crescendo, a réussi à mettre en selle une nouvelle équipe pour développer cet art sonnant au doux nom de Triangle.

Chapitre 16 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Flower Power

Les troupes d’Eclipse ont pris une année sabbatique pour l’année 2001 jusqu’à l’organisation le 16 octobre 2001 au C.A.T. (Bordeaux) du concert de The Flower Kings La formation suédoise n’est plus inconnue puisque c’est la troisième fois que l’association Eclipse s’occupe d’eux. Mais le groupe pour la tournée promotionnelle de Rainmaker connaît de nouvelles têtes avec un jeune bassiste hongrois venant du groupe hard Majestic et un bassiste ayant travaillé avec les musiciens du groupe mythique Abba. Le groupe se donna à fond pour démontrer toute l’évolution du groupe. La section rythmique apporta une nouvelle coloration, les travaux vocaux furent surprenant, les interventions de guitare toujours aussi séduisantes, bref en un mot, magnifiques. Leur répertoire fut entièrement visité, on passa par différents états, allant de Frank Zappa à Yes en passant par le rock progressif, le jazz rock, le rock, les ballades romantiques, la musique classique (impressionnant quand un bassiste s’essaie à cela…). Une superbe soirée…

Chapitre 17 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Un Ange Repasse (Festival 2002)

On change de lieu pour le week-end de Pentecôte mais l’édition est renouvelée. Cette année là, c’est la ville d’Orthez qui accueille la manifestation les 18 & 19 mai. Une nouvelle région se met au diapason du rock progressif. Malgré les défections de RPWL (le batteur étant malade) et de John Wetton (qui n’a même pas osé donné signe de vie ! !), l’édition 2002 connaît comme protagoniste les Français de Manigance (en remplacement au pied levé de RPWL), les Allemands de Versus X, les Bretons de Seven Reizh, les Anglais de Mostly Autumn, les incontournables Ange et le retour après plusieurs années d’absence de Pendragon. La dure tâche d’ouvrir le festival incombe au groupe Manigance. Ce groupe est à découvrir tant le hard rock distillé est bien maîtrisé en souvenir de groupes tels que Sortilège, efficace, bien joué et pas prise de tête. Bref une musique qui a de la pêche et qui a permis de mettre le feu à la salle et de lui donner vie. La tâche ingrate de remplacer John Wetton revient aux Allemands de Versus X qui, dans leur très grande sympathie, ont répété de nouveaux morceaux dans l’après-midi afin d’allonger leur set et de le monter à 2 h 30. Et là, la découverte de la soirée… Une musique qui vous met dans tous les états avec des musiciens de haute voltige. Un batteur passant du mode binaire au mode ternaire avec une aisance déconcertante, un pianiste et claviériste au feeling Tony Banks tout en finesse qui sait élaborer des mélodies toutes les unes aussi belles que les autres, un bassiste extraordinaire, un guitariste alliant la virtuosité et la technique et un chant en anglais doux et agréable digne d’Anyone’s Daughter. Un set long mais qui aurait pu durer encore et encore si le groupe n’avait pas épuisé tout son registre. Le deuxième soir met en scène les Bretons de Seven Reizh. 11 musiciens n’ayant jamais fait de concert ensemble pour le concept album de l’année. Et finalement le groupe s’en est très bien tiré. Malgré une concentration apparente, on a pu apprécier l’intégralité de Strikadenn’s Ys avec ce mélange de rock celtique de néo progressif, de Genesis année 80 et d’IQ. Une belle entame pour une soirée qui s’annonce longue. Viennent ensuite le groupe du moment, les anglais de Mostly Autumn. Et là, le publique se déchaîne face à ce cocktail de rock celtique et de Pink Floyd. Un savant mélange qui enflamme totalement la salle. Pas démonstratif mais beau et seulement beau, ce groupe nous fait voyager dans des contrées romantiques et envoûtantes. Les vétérans d’Ange reviennent une nouvelle fois mais avec un plus encore (où vont-ils s’arrêter !). Une chanteuse les accompagne maintenant dans le nouveau train mené par Christian Décamps. Leur musique se veut plus rock et plus noir. On se trouve à mille lieues du Ange des années 70 malgré deux ou trois reprises de ce temps là. Mais le groupe assure une vitalité impressionnante autant que ses adorateurs. Enfin, le groupe Pendragon vient clôturer ce deuxième jour pour la promotion de leur nouvel opus, Not of the world. On ne présente plus l’équipe de Nick Barrett qui a su durant les deux décennies d’existence du groupe à maintenir une cohésion musicale sans accro. Une des locomotives de la vague néo progressive est venue vous ravir les oreilles avec son métier habituel. Le jeu de guitare de Nick est toujours aussi floydien, les claviers de Clive Nolan sont de plus en plus présents et la section rythmique d’une efficacité hors pair. Bref Pendragon nous a concocté un set magnifique nous faisant voyager dans toutes les époques du groupe. Vraiment une très grande soirée…

Chapitre 18 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Porcupine Tree

Le 12 mars 2003 au Koslow (Bordeaux), l’association Eclipse s’engage à faire venir pour une deuxième fois le groupe Porcupine Tree. Depuis la dernière venue du groupe sur les terres bordelaises, il y a eu du changement avec l’éviction du batteur Chris Maitland. Aidé par John Wesley (guitare), le groupe s’engage sur la promotion de leur nouvel album, In absentia. Comme sur l’album, le son de Porcupine Tree a changé, un son beaucoup plus grunge et beaucoup plus rentre dedans. Néanmoins, une très grande maîtrise et les expérimentations de Steve Wilson, rendent toujours la musique de Porcupine Tree très intéressante. Loin les rivages psychédéliques, mais cette musique fort empreinte de Radiohead (ou plutôt le contraire, Radiohead fort empreint de Porcupine Tree…) séduit une audience fort nombreuse. Seul bémol à la soirée avec la longueur du set, aux alentours de 1h30, mais dans l’ensemble...

Chapitre 19 ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Orthez - Le Retour (Festival 2003)

Les 07 et 08 juin 2003 nous conduisent à nouveau dans la belle ville d’Orthez. La deuxième édition du festival voit le jour avec encore sept groupes : les Belges de Globalys, les Italiens de Mangala Vallis, les Français de Taï Phong, les Brésiliens de Shaman, Les italiens de CAP (qui ont eu l’extrême gentillesse de remplacer au pied levé le groupe Camel), les Suédois d’Anekdoten et les Allemands de High Wheel. Les Belges de Globalys ouvrent le festival et pour eux c’est un grand moment. En effet, c’est la première fois qu’ils jouent en France. Et pour notre plus grands plaisir, ils nous ont offert un savant mélange de reprises (Led Zeppelin, Genesis, King Crimson, Camel…) et de leurs compositions personnelles qui ont mis le festival sur de bons rails. Vient par la suite le groupe Mangala Vallis qui nous ouvre les pages de son livre des rêves. Une musique fort séduisante aux senteurs Genesis/Marillion période Fish pour en flatter plus d’un. La musique, quant à elle, est emplie du lyrisme typiquement italien et renforce déjà un propos fort intéressant. Pour clôturer et nous achever en beauté, le groupe s’est offert le plaisir de nous jouer deux morceaux de PFM. Le seul groupe français du festival, n’est autre que Taï Phong. Le premier groupe de J-J. Goldman ressuscite à Orthez sous l’impulsion de son leader/guitariste Khan Mai. La formation s’est étoffée puisque l’on retrouve un deuxième guitariste, une chanteuse et trois choristes dont une voix masculine. Tout au long de leur set, ils ont revisité tout leur répertoire nous offrant quelques grands moments de nostalgie et nous ont offert quelques nouvelles compositions du futur album à venir. Ils ont su resté égaux à eux-mêmes dans un contexte assez pop. Mais attention, les bêtes Brésiliennes de Shaman viennent s’exprimer sur la scène orthézienne. Les transfuges du groupe Angra viennent ici conclure leur tournée européenne et là, attention les oreilles. Shaman, auteur d’un seul album, nous a offert un show musclé et énergique de métal progressif avec tous les clichés du genre. Une foule hystérique toute acquise à leur cause se déchaîne et le groupe répond présent. Du métal pur et dur…

Le deuxième soir s’annonce plus progressif avec d’emblée les Italiens de CAP. Ce vieux groupe des années 70 a su se renouveler sous l’impulsion de son leader Maurizio Venegoni. S’entourant de jeunes musiciens, le groupe a retrouvé une seconde jeunesse. Leur musique empruntée aux grands italiens des seventies tels PFM, Banco, et aux grands ELP connaît une approche plus rock et plus néo. Donc la sauce prend petit à petit et le public se laisse bercer ou plutôt entraîner dans ce tourbillon musical. La pression monte. Les suédois d’Anekdoten, quant à eux continue à faire monter la sauce. Leur musique plus noire aux souvenirs de King Crimson envoûte par ses ambiances. de plus les sonorités de mellotron d’Anna Sofi ne font que nous emprisonner dans un univers progressif d'où l’on ne veut pas s’échapper. Attention la soupape de sécurité est prête a lâcher. Et elle lâche avec le groupe High Wheel. Quatre musiciens et quatre virtuoses qui osent et qui osent encore et toujours. Une musique tout en mouvement qui ne vous lâche plus. Et le public ne veut pas non plus les lâcher si bien que le show d’High Wheel devient un marathon pour une foule en délire. Un moment magique que seuls les absents ne connaîtront jamais…